LETTRE D’INFORMATION DU GRAND PALAIS : Le T.A.G. au Grand Palais dans la galerie sud-est
QUIK. Américain. 20/09/06. 60 x 180cm.
Bombe aérosol © Pierre Guillien
Vous ne connaissez pas la galerie sud-est du Grand Palais ? C’est normal. Cet espace de 700 m2 fait partie des trésors cachés du Grand Palais. Actuellement fermé au public, il va être restauré et aménagé pour accueillir bientôt des événements en parallèle de la programmation de la Nef. En attendant sa nouvelle destination, la galerie sud-est accueille du 27 mars au 26 avril… des graffiti ! Rassemblées par Alain-Dominique Gallizia, 300 œuvres des plus "grands" du T.A.G. (tag and graf) s’harmonisent aux murs bruts de la galerie, constituant le plus important témoignage de l’art de la rue sur plus de trois générations. À quelques mois du lancement des travaux de la galerie, Le T.A.G. au Grand Palais constitue un événement d’autant plus unique et inédit.
Trois questions à...
Alain-Dominique Gallizia, architecte et auteur du projet Le T.A.G. au Grand Palais
Quadriges : Quelle est la genèse du projet ?
J’ai découvert l’univers du tag en 1992. À l’époque, j’étais membre bénévole d’une fondation qui distribuait des sacs de couchage aux SDF, gare du Nord. C’est là qu’a eu lieu ma rencontre avec les tags, qui couvraient les trains et les murs des quais.
Quant au projet lui-même, il est né sous une double conjonction. Je suis architecte et on m’oblige à inscrire mon nom sur la pierre pour la postérité alors qu’on l’interdit aux artistes des palissades. Quand j’ai acheté un atelier d’artiste pour y créer mon agence, j’ai reçu la visite d’un tagger qui signait « amour ». Je lui ai demandé de profiter de l’atelier pour peindre une toile sur ce sujet. Il n’y est pas arrivé parce que tout ce qu’il voulait dire était contenu dans son tag. J’ai donc demandé aux autres artistes de palissades de créer une double toile sur laquelle inscrire leur nom à gauche et à droite un sujet libre sur l’amour. Pour le format, j’ai choisi des toiles horizontales qui reprenaient la forme des wagons et des murs. Leur taille est limitée à celle de ma Smart, pour pouvoir les transporter !
Alain-Dominique Gallizia
© Pierre Guillien
Quadriges : Que représente pour vous le fait d’être exposé au Grand Palais et dans ce lieu inédit qu’est la galerie sud-est ?
Exposer des tags au Grand Palais est l’aboutissement d’un engagement pris auprès des artistes pour que leur art soit reconnu grâce à l’exposition de leurs œuvres dans un lieu prestigieux. Le fait que l’exposition ait lieu dans une salle brute est pour moi significatif de la volonté du Grand Palais de prendre date pour un projet qui est une première. Le Grand Palais joue ainsi son rôle presque traditionnel d’établissement non traditionnel.
À titre personnel, je trouve très émouvant d’inaugurer la galerie sud-est avec ce projet car pour ouvrir ce lieu, il a fallu au préalable démolir la bibliothèque, réminiscence de la fac d’architecture où j’ai fait mes études…
Quadriges : Quel public attendez-vous ?
Cette exposition s’inscrit autant dans une démarche de connaissance que de reconnaissance. Le tag est un art qui se déploie sous nos yeux mais qui échappe à beaucoup et qui souffre d’une mauvaise image (« c’est sale ! »). J’attends un public prêt à prendre le risque de découvrir un nouvel art, de le comprendre et de le regarder différemment.
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